On vous parle souvent de nos propres road trips, mais cette fois, on change un peu de registre : on vous raconte un projet qu'on a mené en partenariat avec EazyVanss, un atelier de conversion habitué de transformer des Ford Transit, mais qui s'est lancé pour la toute première fois dans la conversion d'un Mercedes eSprinter 100 % électrique. Olivier, chez EazyVanss, a relevé le défi, et on a suivi le projet de A à Z — de la commande du véhicule jusqu'au van tour final, en passant par un bilan bien honnête après plusieurs mois.

Le projet en chiffres
| Véhicule | Mercedes eSprinter, empattement long |
| Batterie | 113 kWh |
| Autonomie estimée | 350 à 400 km (environ 330 km sur autoroute) |
| Recharge rapide | Jusqu'à 115 kW |
| Partenaire de conversion | EazyVanss (Olivier) — 1re conversion d'un Sprinter pour leur atelier |
| Prix (véhicule stock + conversion) | Environ 190 000 $, comparable à une conversion classique de 100 000 à 120 000 $ et plus, une fois soustrait le rabais à l'achat d'un véhicule électrique |
Pourquoi un Sprinter, et pourquoi en partenariat
EazyVanss fabrique habituellement ses conversions sur des Ford Transit (dont notre propre e-Transit). Le eSprinter, c'est un tout autre véhicule : plus étroit, sans les mêmes équipements de série — pas de marchepied latéral, pas d'onduleur intégré comparable au Pro Power du Ford. Olivier a accepté de relever le défi et d'adapter le savoir-faire d'EazyVanss à ce nouveau châssis. De notre côté, on s'est associés au projet parce qu'on n'avait pas nécessairement les ressources — en temps ni en argent — pour le faire seuls. Le partenariat a permis de partager les frais et de démontrer, une deuxième fois après notre e-Transit, qu'on peut convertir un véhicule électrique en VR fonctionnel.
Ce que la communauté a choisi
Avant même de lancer la construction, on a consulté notre communauté sur les grands choix de design. Voici ce qui est ressorti :
| Question | Choix majoritaire |
|---|---|
| Empattement | Modèle long, pour maximiser l'autonomie et l'espace (100 %) |
| Douche | Douche fixe, pour le confort (64 %) |
| Rangement | Armoire pleine hauteur autour du lit (67 %) |
| Lit | Lit fixe avec garage en dessous (55 %) |
| Profil des répondants | 66 % ont 45 ans et plus |
Bref : une vanne pratique, spacieuse et adaptée aux besoins réels, pensée pour des voyages de fin de semaine autant que pour de plus grandes distances.
Premier jour de conversion : dans l'atelier d'EazyVanss
La construction a débuté à l'automne, dans l'atelier d'EazyVanss — un grand espace équipé d'une machine CNC qui découpe les modules, ce qui simplifie beaucoup l'assemblage par la suite. Pour ce tout premier Sprinter, l'équipe a procédé par essais avant de lancer la découpe finale des panneaux. Au jour 1, le plancher et l'isolation étaient déjà avancés, et l'équipe entrait dans la phase d'essayage : un trou dans la carrosserie annonçait déjà l'installation des flares (élargisseurs d'ailes), nécessaires parce que le Sprinter est plus étroit que le Transit et qu'il fallait gagner de l'espace pour dormir dans le sens de la largeur. Le réservoir d'eau a été déplacé à l'arrière pour permettre un remplissage direct par la porte arrière, une fois l'espace habituel libéré pour le panneau électrique. Le rythme de construction est resté volontairement détendu, avec un objectif d'avoir la vanne prête pour le printemps.
En cours de route : les détails prennent forme
Quelques mois plus tard, les cabinets étaient installés, avec un fini stratifié deux tons, noir et blanc, qui éclaire l'intérieur. Contrairement à leur Transit — où le toit qui s'abaisse ne permet qu'un seul espace de rangement — le Sprinter a permis à Olivier d'installer deux portes d'armoire complètes : une pour un micro-ondes éventuel, l'autre pour du rangement pur. Le duo a aussi opté pour une banquette non homologuée plutôt qu'un banc avec ceintures de sécurité, un choix assumé après avoir constaté qu'ils transportaient rarement des passagers dans leur propre vanne.
Sous la banquette se cache le cœur du système électrique : comme l'eSprinter n'a pas d'onduleur intégré équivalent au Pro Power du Ford, l'équipe a opté pour un kit tout-en-un de type EcoFlow plutôt que de multiplier les batteries et les boîtes à fusibles incompatibles entre elles.
| Composant | Détail |
|---|---|
| Contrôleur | Gère jusqu'à 12 accessoires externes, boîte à fusibles intégrée (data et alimentation) |
| Batterie | 2 kWh de base, expansible selon les besoins |
| Recharge | Chargeur solaire intégré + chargeur DC-DC branché sur la batterie de 113 kWh du véhicule, plus 110 V au shore power et 600 W de panneaux solaires sur le toit |
| Onduleur | Environ 3600 W disponibles — assez pour deux plaques à induction, un air fryer ou un micro-ondes |
Le reste de l'aménagement a aussi pris forme : un grand frigo vitré pleine hauteur avec congélateur et tiroir-frigo, une douche avec panneaux imitation marbre, un garde-robe complet (une première, absente de leur propre Transit), un comptoir plus grand que celui de leur vanne personnelle, et un ventilateur de plafond monté sur le même système de rails qu'ils utilisent déjà. À l'arrière, les flares dégagent enfin l'espace nécessaire pour la tête et les pieds de chaque côté du lit, complétés par deux petites fenêtres qui, combinées au ventilateur, permettent une bonne circulation d'air l'été.


Le van tour : la vanne terminée
Une fois la construction achevée, place au van tour complet. Le résultat : une vanne qu'ils décrivent eux-mêmes comme un mélange entre leur Transit et quelque chose d'encore mieux fini. Au menu : banquette pivotante avec une petite table, énormément de rangement (plus que dans leur propre e-Transit selon leurs dires), garde-robe, accès direct au garage depuis l'intérieur, et un lit fixe surélevé qui laisse tout de même suffisamment d'espace pour s'asseoir. Sur la route, le verdict est clair : une conduite plus silencieuse et plus douce que leur Transit, avec moins de bruit de vent à l'avant.



Ce Sprinter converti a été mis en vente dès la fin du projet — une occasion pour qui voudrait une conversion clé en main, ou pour qui souhaite faire convertir son propre Ford Transit chez EazyVans.
Le bilan honnête, six mois plus tard
Ce qu'on apprécie dans ce projet, c'est qu'on ne s'est pas arrêtés au lancement : plusieurs mois après la mise en vente, on est revenus faire un bilan sans filtre, parce que la vanne n'avait toujours pas trouvé preneur. On y répond aux deux objections qui reviennent le plus souvent.
| Objection | Ce qu'on répond |
|---|---|
| L'autonomie | Notre e-Transit tourne autour de 200 km et nous convient très bien en voyage lent. Le Sprinter, avec ses 350 à 400 km, fait un aller-retour Montréal-Québec en incluant un détour par la Mauricie, l'Estrie ou Lanaudière sans avoir besoin de recharger ailleurs qu'au camping. |
| Le prix | Le véhicule stock coûtait 89 000 $ plus taxes, avec un rabais à l'achat électrique de 8 à 9 000 $ qui n'existe pas sur une version diesel. Le coût de conversion est sensiblement le même, peu importe la motorisation. Résultat : un prix affiché autour de 190 000 $, comparable à une conversion classique. |
On y ajoute aussi un rappel sur les crédits carbone : en rechargeant à la maison, on récupère une partie du coût en crédits, ce qui rend une bonne portion des kilomètres pratiquement gratuits — un argument qu'on avait déjà détaillé dans notre article sur les crédits carbone. Et sur l'entretien, un véhicule électrique en demande simplement moins qu'un diesel avec ses systèmes d'urée et compagnie.
Notre constat honnête : le marché n'est peut-être pas encore tout à fait prêt pour une classe B électrique à ce prix, mais on reste convaincus que l'expérience de conduite et le coût d'usage au quotidien valent largement le compromis. On garde d'ailleurs un œil sur cette vanne — entre le garage plus grand, le garde-robe, le grand frigo et le kit de batterie EcoFlow, elle a de quoi nous faire hésiter avec notre propre Transit.
En résumé
Ce partenariat avec EazyVanss nous a permis de pousser plus loin la démonstration qu'on avait commencée avec notre e-Transit : convertir un véhicule 100 % électrique en VR fonctionnel, cette fois sur un châssis Mercedes, avec plus d'autonomie et une conduite qu'on a trouvée encore plus agréable. Merci à Olivier et à toute l'équipe d'EazyVanss d'avoir relevé le défi avec nous — et si vous songez à faire convertir un Ford Transit (ou à mettre la main sur ce Sprinter), c'est chez eux que ça se passe.
Découvrez les modèles d'EazyVanss : eazyvans.com/nos-modeles